Le 20 novembre est la journée mondiale de la BPCO. La bronchopneumopathie chronique obstructive est une maladie inflammatoire des bronches. Dans la très grande majorité des cas elle est attribuable au tabagisme. Mais elle peut aussi être due à la pollution ou à une exposition professionnelle à des particules, gaz ou fumées toxiques. Si, à l’heure actuelle, elle ne se guérit pas, certains comportements permettent d’en atténuer les symptômes.

Cette présentation étant faite avec la vue d’une ergothérapeute, la préoccupation principale est de limiter la restriction des activités par la maladie. Pour la journée mondiale de la BPCO, voyons donc ensemble en quoi cette maladie impacte le quotidien. Et quels comportements mettre en place pour limiter cet impact.

L’impact des symptômes sur la vie quotidienne

 

Les premiers symptômes sont la toux chronique, les crachats (expectorations) et la difficulté à respirer (dyspnée). Mais cette pathologie est en moyenne associée à 5 autres. Ces dernières ont toutes en commun un caractère inflammatoire ou oxydatif. C’est-à-dire qu’elles impliquent des protéines qui vont dégrader les cellules.

Un autre des symptômes connus est une faiblesse des muscles périphériques. Notamment dans les jambes, ce qui peut conduire la personne à arrêter ses activités physiques.

Cependant, il est important de noter que l’on tend de plus en plus à parler de sous-types de BPCO en fonction des caractéristiques de la maladie, des comorbidités et de la réponse aux traitements.

Les premières activités à en pâtir vont être les loisirs, et particulièrement le sport. Or la baisse d’activité physique est reconnue pour aggraver le pronostic de cette pathologie. Plus la pathologie va être à un stade important, plus cette baisse d’activité physique va impacter la vie quotidienne. On note particulièrement des difficultés à bouger pour le travail avec une tendance à rester assis à l’ordinateur. Mais aussi à domicile, pouvant aller jusqu’à l’impossibilité de préparer le repas ou de prendre la douche debout.

La BPCO va aussi avoir une influence sur la qualité du sommeil car l’oxygénation du sang pendant le sommeil va être de moins bonne qualité. Il y a aussi un risque de dyspnée nocturne due à la position allongée et des réveils plus fréquents.

 

 

Qu’est-ce qui est mis en place?

Comme pour de nombreuses autres maladies, plus elle va être détecté tôt, meilleur sera le pronostic, come le souligne l’association Santé-Respiratoire qui engage fortement à faire de tests dès l’apparition d’une toux matinale. Si, suite à ces tests, une BPCO est détectée, voici ce qui va être mis en place :

  • Arrêt du tabac ou de l’exposition aux substances nocives ;
  • Médicaments, évalués en fonction bénéfice-risque, et souvent une assistance respiratoire ;
  • Réhabilitation respiratoire. Cela va comprendre de la kinésithérapie qui vise à améliorer la dyspnée, la tolérance à l’effort, réduire le nombre d’hospitalisations pour exacerbations et améliorer la qualité de vie. Le programme dure entre 4 et 8 semaines en fonction des centres. Malheureusement, les associations françaises déplorent le manque de suivi à domicile.
  • Exercice physique adapté à votre capacité respiratoire, physique et votre fatigabilité.

 

Conseils d’ergo :

 
  • Comme on a pu le voir, la BPCO peut perturber le sommeil. Pour dormir, vous pouvez tester la position semi-assise ou des coussins ergonomiques adaptés. Comme l’oreiller ergonomique pour patient ventilé.
  • Les difficultés respiratoires sont souvent une source d’anxiété. Des techniques de gestion du stress existent et se développent de plus en plus. Activité physiques adaptée type marche nordique ou yoga doux. Il existe des séances de yoga assis sur chaise par exemple ! Aussi, de la méditation, des techniques de respiration… N’hésitez pas à expérimenter en respectant votre fatigabilité et essoufflement !
  • Dans les stades avancés de la maladie, faire sa toilette ou se déplacer en dehors du domicile peut devenir très compliqué. Vous pouvez en parler à votre ergothérapeute lors de votre séjour en centre. Voyez ainsi si des aides techniques type siège de douche ou brosse à manche longue pour limiter l’effort peuvent être pertinentes. Mais si le besoin s’en fait sentir, n’hésitez pas à en discuter avec le médecin pour mettre en place de l’aide pour le retour à domicile.
  • La fatigabilité peut être réellement gênante au travail. Vous pouvez vous rapprocher de la MDPH pour faire une reconnaissance de qualité travailleur handicapé (RQTH) ou une reconnaissance de maladie professionnelle.
  • Apprenez à reconnaître les symptômes qui nécessitent d’appeler un médecin. Si vous ressentez l’un de ses symptômes : essoufflement, respiration sifflante, toux plus profonde ou importante que d’habitude, que vous voyez des œdèmes apparaître, que vous crachez en toussant, ou que vous avez de la fièvre, il est nécessaire de consulter un médecin.

La BPCO est une maladie qui a un gros impact au quotidien à cause de la réduction de la capacité respiratoire et de la fatigabilité. Avec d’autres pathologies, elle est l’une des conséquences de l’exposition au tabac. Le facteur de mauvais pronostic principal étant la sédentarité, la gestion du souffle durant vos activités est vraiment le point clé qui va vous permettre de mieux gérer votre quotidien.

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