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Handicap et logement adapté : comment s’y prendre ?

Par . Dernière révision : Le 28 octobre 2020

Trouver un logement adapté n’est pas toujours aisé lorsque l’on présente un handicap. Toutefois, c’est plus facile lorsque l’on connaît précisément ses besoins et critères de recherche, tout en s’entourant de professionnels pour vous accompagner. Il est également possible d’adapter un logement à son handicap par quelques travaux d’aménagement et équipements. Cet article a pour objectif de vous aider dans vos démarches, notamment à partir de mon expérience personnelle de personne handicapée. J’ai pris mon propre appartement il y a quelques mois seulement et je suis très satisfait de mon logement et de la nouvelle vie qui va avec ! C’est donc un plaisir de partager avec vous cette expérience.

Définir ses besoins :

Avoir une idée précise des adaptations indispensables à son Handicap

Avant de vous lancer dans vos recherches, il est important de définir ses besoins avec précision. Cela facilitera vos démarches et vous gagnerez du temps. Avez-vous besoin d’un accès au logement avec une rampe d’accès ? Avoir de grandes pièces est-il indispensable pour vous déplacer facilement ? Préférez-vous une douche ou une baignoire ? La proximité des transports en commun est-elle nécessaire ?
Parmi ces critères, distinguez ceux qui sont vraiment indispensables de ceux qui relèvent du confort. Il est parfois difficile de réunir absolument tous les critères étant donné le manque de logements dans certains secteurs. Particulièrement dans les grandes villes.

Pensez aussi aux travaux et aménagements qui peuvent être réalisés dans un logement existant qui ne répondrait pas forcément à tous vos critères initiaux. Une simple suppression ou modification de cloison peut parfois rendre un logement adapté.

Mes besoins personnels à titre d’exemple 

En ce qui me concerne, je suis atteint d’une myopathie de Duchenne, une maladie assez invalidante. Concrètement, je me déplace en fauteuil roulant électrique et j’ai une assistance respiratoire en permanence. J’ai très peu de mobilité, et j’ai donc besoin d’une tierce-personne pour l’ensemble des gestes de la vie quotidienne. Je conserve toutefois une certaine autonomie puisque je peux utiliser seul mon fauteuil roulant, mon téléphone et mon ordinateur avec lequel j’écris ces lignes.

Mon principal besoin est d’avoir un logement accessible en fauteuil roulant, sans aucune marche pour y accéder, et suffisamment grand pour me déplacer facilement et accéder à toutes les pièces.

Il était aussi indispensable d’avoir une grande salle de bain, où je pourrais rentrer avec mon fauteuil roulant, avec une baignoire, et qui comporte un WC.   

Le second critère était la localisation. Etant donné que je travaille dans le 6ème arrondissement de Lyon, je souhaitais être à 30 minutes maximum de mon lieu de travail en transports en commun. Je n’avais pas les moyens de me loger juste à côté de mon travail et il y avait très peu de logements accessibles.

Je souhaitais aussi avoir, dans la mesure du possible, un logement bien isolé et facile à chauffer. Etant donné que je bouge peu, j’ai souvent froid et j’ai besoin de chauffer à 21°C.

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Les critères principaux de choix :

La localisation

En immobilier, la localisation du logement est le critère le plus important. C’est d’autant plus vrai avec un handicap qui limite les possibilités de déplacement. Lorsque l’on est une personne à mobilité réduite, habiter en ville semble plus facile étant donné la concentration en commerces, services et transports en commun. Sauf si vous disposez d’un véhicule pour vous déplacer de façon autonome. Bien entendu, il faut aussi tenir compte de ses aspirations en termes de quartier et de densité, et ne pas se focaliser uniquement sur le handicap. 

La taille et la distribution du logement

La taille du logement dépend bien entendu avant tout du nombre de personnes à loger. Mais pour une même typologie (T1, T2, etc…), la surface du logement peut varier dans des proportions importantes. Si vous êtes en fauteuil roulant, il est indispensable de prendre des surfaces importantes : 45 m2 pour un T2, 60 m2 pour un T3, 80 m2 pour un T4.

La distribution des pièces dans le logement a également toute son importance. S’il vous est difficile de vous déplacer, un logement compact et distribué autour de la pièce de vie sera plus pratique qu’un logement tout en longueur avec beaucoup de couloirs. Avec un fauteuil roulant, une cuisine ouverte sur le séjour paraît plus adaptée, tout comme avoir les WC dans la salle de bain.

L’accessibilité

L’accessibilité concerne aussi bien le logement, le quartier ainsi que les transports en commun. Pour le logement, l’accessibilité va dépendre principalement de la date de construction et des normes handicap en vigueur à ce moment-là. Les normes d’accessibilité concernent essentiellement l’accès en fauteuil roulant et ont tendance à devenir de plus en plus exigeantes, malgré quelques assouplissements ces dernières années.

A partir de 2005, tous les logements en rez-de-chaussée ou disposant d’un accès par ascenseur sont à minima visitables en fauteuil roulant. Mais ils ne sont pas forcément entièrement accessibles. Cela donne cependant une bonne indication sur l’accessibilité du logement.

L’ascenseur est obligatoire dans les immeubles d’habitation depuis 1980 au-delà d’un certain nombre d’étages. Il faut savoir que 80% des immeubles construits à partir de 2005 disposent d’un ascenseur. Pour résumer, plus un logement est récent et plus il a de chance d’être accessible et donc adapté.

En dehors du logement, il est fondamental de se renseigner sur l’accessibilité des voiries, commerces et moyens de transport du quartier. Le caractère récent ou non du quartier influe beaucoup sur son accessibilité.

Mon logement :

En ce qui me concerne, j’ai trouvé après quelques visites un logement répondant à mes critères. J’habite dans le 7ème arrondissement de Lyon, dans le quartier Jean-Macé, à 5 minutes d’une station de métro. C’est un secteur animé et récent avec toutes les commodités. Mon logement est un 2-pièces d’une surface confortable de 50 m2. Il possède une cuisine ouverte sur le salon, une grande chambre et une salle de bain avec baignoire et WC. Le logement est au 3ème étage d’un immeuble avec ascenseur datant de 2008 donc répondant aux normes d’accessibilité. Il nécessitait toutefois quelques adaptations pour être totalement adapté à mon handicap. Je dispose également d’un garage en sous-sol pour stationner mon véhicule aménagé.

Adapter son logement à son handicap :

Mon expérience personnelle

J’ai fait quelques petits travaux et achats d’équipements pour que mon logement soit totalement adapté à mon handicap. Il manque encore des choses mais je suis déjà en mesure d’y habiter.

La salle de bain :

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C’est la pièce qui a nécessité le plus d’adaptations. J’ai tourné les WC de 90°C afin d’avoir plus de place pour les transferts, étant donné que ce sont mes auxiliaires qui me portent. Afin de pouvoir tenir seul sur les WC, j’ai fait réaliser par mes parents une tablette rétractable fixée au mur avec des charnières métalliques. C’est un bricolage artisanal néanmoins parfaitement adapté, mais vous pouvez également vous munir de barres d’appui afin selon vos besoins. Pour la baignoire, j’ai fait l’acquisition d’un transat de bain. Encore une fois selon vos besoins, vous pouvez vous tourner vers des sièges de bains à suspendre, des sièges de bains pivotants ou encore banc de transfert de baignoire. Le fait que je puisse mettre mon fauteuil électrique dans la salle de bain est un vrai plus. Cela limite la distance des transferts tout en me permettant d’utiliser mon assistance respiratoire, fixée à l’arrière du fauteuil.

La chambre :

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Pour l’accessibilité de la chambre, j’ai pris un lit double standard mais avec un matelas épais afin qu’il soit à la bonne hauteur pour les transferts. J’ai aussi fait réaliser par mon ergothérapeute une forme en mousse posée sur le matelas pour tenir mes jambes droites pendant la nuit. Mais il existe une multitude de coussin de positionnement pour adapter votre couchage. J’ai aussi fixé un étagère à côté du lit un peu plus basse que mon lit afin de poser mon assistance respiratoire de nuit et autres appareils. Cependant une table de lit pourrait également remplir la même fonction en réglant sa hauteur. J’utilise aussi une machine de nutrition nocturne pour compléter mon alimentation et je suis censé avoir une potence pour fixer les perfusions. Mais je trouve ce système très inesthétique et qui fait très « hôpital ». J’ai donc opté pour des crochets muraux décoratifs qui remplissent la même fonction.

Le séjour et la cuisine :

Je n’ai pour le moment réalisé aucun aménagement spécifique à mon handicap. J’ai commandé une cuisine équipée sans aménagements particuliers car ce n’est pas moi qui cuisine. Mais il existe beaucoup d’aménagement PMR, notamment pour l’accessibilité des étagères.

Afin de pouvoir accéder au balcon, il sera nécessaire d’installer une double rampe de seuil pour franchir la marche, mais j’attends le printemps pour m’en occuper. Je suis également en train d’étudier une solution domotique qui me permettrait de piloter l’ensemble des éclairages du logement. Cela me permettrait aussi de piloter certains appareils électriques : télévision et autres appareils à télécommande avec mon smartphone.

  

Les travaux d’aménagement

De nombreux travaux sont possibles pour avoir un logement adapté. Dans le cas d’une location, il convient de demander l’accord au propriétaire avant d’engager des travaux. Il est préférable de se limiter à de légers travaux lorsque c’est possible, comme le déplacement de cloisons, pour des raisons de coût notamment. Cependant, il existe des aides de la MDPH pour l’aménagement du logement : les travaux peuvent ainsi être financés à 100% s’ils n’excèdent pas 1500€, et à 50% dans les autres cas. Il peut s’agir de la création d’une douche à l’italienne, de motorisation d’une porte ou de volets roulants.

Les équipements

Il existe beaucoup d’équipements pour adapter son lieu de vie à son handicap. Leur avantage principal est d’être dissociables du logement, c’est donc plus adapté à la location ou en cas de déménagement. Il peut s’agir d’équipements pour la salle de bain comme une chaise de douche ou un rehausseur de WC, pour la chambre comme une table de lit, ou encore pour la cuisine comme des couverts ergonomiques. Il existe aussi de plus en plus d’équipements électroniques et domotiques qui permettent de gagner en autonomie. Un certain nombre d’équipements peuvent être pris en charge directement par la sécurité sociale et par sa mutuelle. C’est notamment le cas pour mon transat de bain. D’autres peuvent être financés par les aides de la MDPH.

Bien s’entourer

Afin de se faciliter la vie, et de gagner du temps dans vos démarches liées à la recherche de logement adapté, il est utile de faire appel à des professionnels du secteur. Les agences immobilières peuvent vous aider à cibler des logements accessibles et adaptés dans des secteurs pratiques. Faire appel à un ergothérapeute ou à un ergonome pour adapter et bien équiper son logement peut vous apporter des solutions auxquelles vous n’auriez pas pensé.

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Antoine
quelques mots sur Antoine
Je m’appelle Antoine Durand, j’ai 29 ans. Je suis ingénieur en génie civil, atteint d’une myopathie de Duchenne. J'adore...